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09 août 2026

On nous les promet... Musée de l'Outil et des Métiers Tinténiac - Toilettes W.C.

On nous les promet.... 


Au bord du canal, Barnabé a fait ses comptes : il y a les visiteurs du musée… et tous ceux qui cherchent les toilettes !

Randonneurs, cyclistes, navigateurs, camping-cars, vans non équipés :
 le défilé est parfois plus impressionnant que celui des visiteurs.

Et comme l’âge moyen des promeneurs n’est plus tout à fait celui d’une colonie de vacances, les urgences deviennent parfois… prioritaires.

Petit besoin, grosse commission ou simple précaution, chacun avance avec une question essentielle : « Elles sont où, les toilettes ? »

Barnabé en conclut philosophiquement : à Tinténiac, au bord du canal, on ne visite pas seulement le musée… on cherche aussi à visiter des toilettes !

27 avril 2026

le musée de l'outil à Couleurs de printemps La Bourbansais Pleugueneuc 25 et 26 avril 2026

Le musée de l’Outil et des Métiers en sortie d’hibernation à la Bourbansais


le château de la Bourbansais 
Les 25 et 26 avril derniers, le Musée de l’Outil et des Métiers de Tinténiac a pris part à la manifestation "Couleurs de Printemps", organisée au Château de la Bourbansais à Pleugueneuc.

Plus de 100 exposants attendus pour cette 5ème édition, parmi lesquels :

pépiniéristes producteurs

horticulteurs artisans créatifs 

associations 

créateurs et designers pour le jardin



le stand du musée de l'outil
Cet événement marque pour notre musée une véritable sortie d’hibernation et le lancement symbolique de la nouvelle saison estivale. Après la pause hivernale, il est essentiel pour nous de nous faire connaître, et parfois reconnaître, auprès des nombreux visiteurs présents lors de cette grande fête dédiée aux plantes, aux jardins et à l’art de vivre au naturel.


Installé sur un stand au cœur de la manifestation, le musée a présenté une sélection d’outils anciens de jardinage, témoins du savoir-faire d’autrefois. Parmi les objets exposés, un moulin à blé noir a particulièrement attiré l’attention. 


Installation du moulin à blé noir
Beaucoup de visiteurs dégustent régulièrement des galettes de sarrasin, mais rares sont ceux qui ont déjà eu l’occasion d’ouvrir et d’observer de près ce petit moulin ancien, indispensable autrefois à la préparation de la farine.



Cette participation a également été une belle opportunité de rencontrer des prescripteurs touristiques, notamment des propriétaires de gîtes venus chercher fleurs et plantes pour décorer et embellir leurs lieux d’accueil. Plusieurs d’entre eux se sont montrés très intéressés par notre offre culturelle et ont demandé de la documentation afin de proposer à leurs visiteurs des idées de sorties locales.


Couleurs de printemps

Sous un soleil généreux tout au long du week-end, plus de 200 contacts ont été établis en seulement deux jours. Une belle dynamique qui confirme l’intérêt du public pour notre patrimoine et qui augure d’une saison estivale prometteuse pour le Musée de l’Outil et des Métiers.

les bénévoles installent le stand


Nous remercions chaleureusement les organisateurs de Couleurs de Printemps pour leur accueil et tous les visiteurs qui sont venus à notre rencontre. Nous espérons retrouver très bientôt ces nouveaux curieux dans les ateliers du musée à Tinténiac.


17 avril 2026

Le dépommoir Durand atelier du serrurier Musée de l'outil et des métiers Tinténiac Bécherel mécanicien

 Le dépommoir Durand  atelier du serrurier  Musée de l'outil et des métiers Tinténiac


Marie Durand a créé place du Champ de foire, un fonds artisanal de serrurerie, armurerie, réparations de bicyclettes et de machines à coudre. 

Il invente en 1924, deux vêleuses, l’une à palan, l’autre à treuil et cliquet, puis en 1928, un dépommoir. Les modèles sont déposés et commercialisés sous le nom de Durandal


Le dépommoir Durand est un instrument vétérinaire destiné à traiter l’obstruction œsophagienne chez les bovins, communément appelée « étouffement » ou « pomme bloquée ». Le blocage de l’œsophage est provoqué par un aliment (souvent pomme ou betterave), empêchant l’animal d’avaler et de ruminer. Cette situation provoque salivation abondante, ballonnement et risque d’asphyxie si elle n’est pas traitée rapidement.

 Ce type d’accident survenait lorsque des aliments volumineux — notamment pommes, betteraves ou pommes de terre — restaient coincés dans l’œsophage de l’animal.  Mais laissons Barnabé nous présenter l'instrument sur cette enseigne publicitaire certainement destinée à présenter l'instrument dans les foires.

L’appareil se compose d’une longue tige flexible en acier, protégée par un tuyau et actionnée par une poignée en bois permettant de transmettre un mouvement rotatif à l’extrémité active. 

Cette extrémité, introduite avec précaution dans l’œsophage, sert à fragmenter ou repousser le bouchon alimentaire vers l’estomac. La présence d’une poignée facilite la prise en main et rappelle l’usage spécifique de l’instrument. 

L’inscription « Nouveau Dépommoir Durandal — Modèle Déposé », accompagnée de mentions publicitaires telles que « le seul qui enlève la pomme » et « pour génisson et forte vache », témoigne d’une fabrication artisanale commercialisée  probablement vers 1928. 

Vers 1928, un ouvrier industriel gagnait environ 70 à 80 francs par jour, tandis qu’un ouvrier agricole gagnait de 6 à 25 francs selon la saison. Le prix de 70 francs correspondait donc à une journée de travail industriel ou plusieurs jours de travail agricole

16 avril 2026

La Bourbansais Couleurs de printemps 25 et 26 avril 2026 Musée de l'outil et des métiers Tinténiac

La Bourbansais Couleurs de printemps 25 et 26 avril 2026


Présence du Musée de l’Outil à « Couleurs de Printemps 2026 » au Château de la Bourbansais.




Le Musée de l’Outil sera présent lors de l’édition 2026 de la fête des plantes « Couleurs de Printemps », organisée les 25 et 26 avril 2026 dans le cadre prestigieux du Château de la Bourbansais. 

Cet événement printanier incontournable rassemble chaque année de nombreux exposants autour du monde du jardin, de l’artisanat et du patrimoine vivant.


À cette occasion, le Musée de l’Outil proposera au public une immersion dans l’univers des outils anciens et des savoir-faire traditionnels. À travers une sélection d’outils agricoles et artisanaux, les visiteurs pourront découvrir l’évolution des techniques utilisées autrefois pour cultiver la terre, entretenir les jardins et façonner les matériaux naturels. Cette présence permettra de parler du patrimoine technique et manuel qui est présenté au musée depuis 40 ans.



Au cœur d’un événement réunissant plus d’une centaine d’exposants — pépiniéristes, horticulteurs, artisans et passionnés — la participation du Musée de l’Outil s’inscrit naturellement dans une démarche de transmission et de valorisation des savoir-faire anciens. Elle offrira aux visiteurs, petits et grands, une dimension historique et pédagogique complémentaire aux nombreuses animations proposées durant ces deux journées dédiées au végétal et à la découverte.

Dans le cadre exceptionnel des jardins du Château de la Bourbansais, cette présence contribuera à enrichir l’expérience des visiteurs en établissant un lien entre patrimoine, nature et techniques traditionnelles. Le Musée de l’Outil participera ainsi pleinement à l’esprit de convivialité et de découverte qui caractérise la manifestation « Couleurs de Printemps ».

02 août 2025

On parle du musée dans Ouest-France 2 août 2025 Tinténiac Musée de l'Outil et des Métiers

 On parle du musée dans Ouest-France 2 août 2025

Notre médiatrice Maïa a les honneurs de la presse locale avec un très bel article sur le musée de l'outil et des métiers de Tinténiac








08 mars 2025

Des aménagements au musée de l'Outil Tinténiac Bretagne Romantique Ille et Vilaine

Des aménagements au musée de l'Outil

Le musée de l'outil et des métiers va rouvrir le samedi 14 juin 2025 pour une nouvelle saison.  
Jusqu'au 30 juin l'ouverture sera assurée par les bénévoles de 14h30 à 18h00 en attendant l'arrivée de nos médiatrices estivales



En attendant l'ouverture,  les services techniques de la ville de Tinténiac ont réalisé de très gros travaux de déblaiement et de nettoyage à l'arrière du musée. 


Un enrochement a été aménagé avec les pierres qui étaient entassées sous les ronces, une allée a été installée le long du bâtiment permettant le "tour d'échelle".


L'espace va être engazonné et une table de pique-nique va être posée en attendant l'installation de toilettes sous le préau par le canal et la région Bretagne.

Merci à Cyrille et à son équipe.

Après les travaux de toiture attendu en 2025, il faudra envisager la réfection du bardage plus que centenaire  qui souffre de l'humidité et de la pluie.


Rappelons que ce bâtiment en bois a été construit pour sa partie la plus ancienne en 1891 par Monsieur Delamotte marchand de grains et adjoint au maire de Tinténiac.




On connait la date approximative de la construction du bâtiment par cet article de la dépêche bretonne ou M. Delamotte se plaint de vols de grains dans le bâtiment nouvellement construit. 
Journal du 18 et 19 avril 1891



08 septembre 2024

Tinténiac Samedi 7 septembre 2024 Forum des associations Espace Ille et Donac Musée de l'Outil et des métiers

Tinténiac Forum des associations

Samedi 7 septembre 2024  Espace Ille et Donac




07
sept.
2024

FORUM DES ASSOCIATIONS TINTENIAC

Le samedi 07 sept. 2024, de 10h à 14h

Lieu : Salle Ille et Donac, rue de Sait Mirel35190 TINTENIAC


Le musée a été présent au forum des associations de Tinténiac le 7 septembre où 56 associations culturelles, sportives ou artistiques étaient proposaient leurs activités aux futurs "Léon Marchand", Teddy Riner ou frères Lebrun ou Picasso et Matisse.


Bien que cette manifestation se déroule en fin de saison pour le musée, nous tenions à être présent en tant qu'association locale et pour rappeler que le musée est encore ouvert tous les après-midi de 14h30 à 18h00 jusqu'aux journées du patrimoine les 21 et 22 septembre.



C'est l'atelier du cordonnier qui a été mis en valeur avec la présentation d'outils offerts par les familles Pérou et Briot, par une dessin original de Joseph Pérou pour la confection de chaussures "Balmoral". Ce dessin présente les diverses pièces de la chaussure à réaliser.


Joseph Pérou avait créér sa propre marque "Donac'h" et le musée est fier de pouvoir en présenter un exemplaire.


Ont été présentés quelques outils dont  des tranchets, un marteau à battre, un marteau de cordonnier, des pinces à monter, un emporte-pièce, des pinces à oeillet, un compas pour connaître la pointure...



La cordonnerie Pérou
place du ralliement  aujourd'hui place André Ferré



5 quai de la Donac 35190 Tinténiac 



16 août 2024

Laura : une conteuse au Musée Outils Métiers contes légendes découvertes artisanat Tinténiac

Laura : une conteuse au Musée.

Laura DBA conte Jean-Eudes  © JM Bergougniou 


Comment se faire connaître? Comment attirer de nouveaux visiteurs?

 Comment dépoussiérer l'image d'un Musée qui n'évoque que des métiers aujourd'hui disparus?

  Le musée de l'outil © JM Bergougniou 






Chaque outil, chaque métier a une histoire qui lui est propre, une machine à coudre peut évoquer la grève des chaussonniers de Fougères (1906), les trusts de l'industrie américaine de la chaussure, alors que le moulin à blé noir évoquera lui l'histoire de la Bretagne et de sa gastronomie (Moulin de 1883). 

Machine à coudre les semelles "Goodyear"
© JM Bergougniou

L'idée est donc de faire découvrir un métier ancien, un outil au travers d'une histoire, d'un conte et d'emmener les visiteurs dans le rêve et l'imaginaire. 


Quoi de plus rébarbatif qu'une énumération de noms d'outils que les visiteurs à peine sorti du magasin à grains auront oublié. 

Laura nous invite donc à revisiter trois ateliers

les rembourroirs  © JM Bergougniou 

Alors qui aurait pu imaginer que Raymond T., bourrelier de son état, aurait pu percer la robe de la voute céleste avec son rembourroir (outil permettant de tasser le crin lors de la réalisation d'un colleier de cheval)  et de ce fait éloigner celle-ci au-delà de portée des mains humaines? Qui aurait pu penser que la lueur d'une chandelle céleste allait devenir la nuit des étoiles?

Machine à laver  © JM Bergougniou 


Dans l'atelier du serrurier, le conte nous invite à laver notre linge en famille autour d'une vieille machine à laver le linge en bois. Faut-il faire une lessive quand l'eau manque de partout?

Jean-Eudes (que tout le monde méprisait)  se vantait de pouvoir faire pleuvoir alors que tous les habitants privés d'eau invoquaient en vain saints, druides ou faiseurs de pluie pour faire pleuvoir.



Machine à laver  © JM Bergougniou 


 Et lui affirmait haut et fort de sa capacité à faire pleuvoir en utilisant les ultimes réserves d'eau du village pour une lessive de chaussettes dans une machine à laver en bois... 

Et oui la morale comme le dit Jean-Eudes, "c'est qu'à chaque fois qu'on étend du linge, il pleut"

Chez le tonnelier bien sûr un coup de foudre (un foudre étant un tonneau de très grande capacité)... 

un seau pour ses beaux yeux 
© JM Bergougniou 




Pour notre conteuse Laura, le tonnelier n'a d'yeux que pour la belle qui vient commander un tonneau ou un seau. 


Tonneau  © JM Bergougniou 

Troublé notre homme ne voit qu'elle et fixe mal le jonc dans le jable (la rainure dans les douves qui permet de fixer le fond), l'étanchéité n'est plus assurée, le seau fuira et perdra ainsi la moitié de son contenu dans le transport... 

Mais c'est l'espoir de revoir la belle qui reviendra surement faire réparer son seau!

Du jonc pour éviter les fuites
© JM Bergougniou 

Un public conquis qui n'attend que la prochaine ballade contée au musée.







Merci Laura et à bientôt

08 août 2024

Le couvreur comment couvrir sa maison Musée de l'outil Tinténiac couvreur

Le couvreur comment couvrir sa maison?

Il est souvent dit que jusqu’au milieu du XIXe siècle, le chaume est le matériau prépondérant en Bretagne pour les toits des maisons paysannes et de leurs dépendances. L’ardoise étant réservée aux manoirs et aux édifices religieux »

L'idée communément admise selon laquelle les toitures sont essentiellement faites de matériaux végétaux avant que les compagnies d'assurance n'aient imposé l'ardoise au xixe siècle est en partie infirmée par des études locales. Dans la région de Janzé, un échantillon de 183 toitures (tous bâtiments confondus) donne 162 toits en ardoise et 21 en matériaux végétaux (gled et paille). Dans la région de Vitré, 99 % des habitations sont couvertes d'ardoise ; l'essauve (= bardeau), la paille et le genêt ne se rencontrent que sur certains bâtiments d'exploitation.

La couverture est souvent un reflet du sous-sol. La Bretagne recèle de nombreuses carrières de schistes de qualité variée mais rentables par le faible coût de la main-d'oeuvre.

Au fur et à mesure que l'on quitte la région de Rennes vers le nord, les couvertures végétales (chaume, jonc et roseau, genêt paille et gled, essente ou essauve) deviennent plus fréquentes. 

Ardoise de Pleugueneuc © JM Bergougniou
L'ardoise et la pierre sont encore bien représentées dans les paroisses de Melesse, La Mézière, Montreil, Vignoc, elles le sont moins à Combourg, Chauvigné, Romazy où existe aussi une importante proportion de couvertures dites en « tuiles rouges ». Enfin, et ce n'est pas le moins intéressant, on observe que de nombreuses toitures sont faites de plusieurs matériaux et que coexistent souvent éléments végétaux et minéraux : tuile et ardoise ou tuile et essauve pour les maisons, paille et tuile pour les bâtiments d'exploitation, ainsi que de multiples autres combinaisons... La région de Penthièvre présente les mêmes caractéristiques : un peu plus de toits minéraux que végétaux pour les habitations, plus de végétaux sur les bâtiments d'exploitation.

Paille de seigle ou de blé, genet, bruyère : le chaume est en fait un terme générique qui regroupe diverses couvertures végétales. Les archives notent aussi l’utilisation de « gled », du jonc ou des roseaux, qu’on trouvait sur les dépendances ou même des habitations modestes.
« Le terme chaume vient du monde agricole, continue la chargée d’études. 


C’étaient les parties des tiges de céréales qui restaient sur les champs après la moisson. Le seigle était cultivé majoritairement en Bretagne, c’était vraiment la céréale paysanne. Le froment l’était uniquement sur les terres les plus riches. » Les bâtiments d’une même ferme pouvaient être couverts de différents végétaux : du seigle pour l’habitation, du genet pour la grange, du blé pour le moulin… Ou même un mélange d’essences sur le même toit.

Marteau de couvreur © JM Bergougniou
Pour poser l’ardoise et la tailler, les couvreurs disposent d’outils spéciaux :
Le marteau de couvreur, appelé aussi assette ou essette. D’un côté, il a une tête pour enfoncer les clous, de l’autre, une pointe pour préparer les trous dans l’ardoise sans la casser, et enfin un tranchant qui sert à couper l’ardoise, et lui donner la forme convenable. Le manche est rond et bien à la main pour ces diverses opérations.

enclume de couvreur © JM Bergougniou
L’enclume vient en complément du marteau de couvreur. Elle est composée d’une sorte de T en fer dont la branche d’équerre se termine en pointe aiguë, qu’on enfonce dans les planches destinées à supporter les matériaux de couverture (voliges) pour la fixer. La table sert alors pour appuyer l’ardoise et la poser pendant la confection des trous, ou la taille avec le marteau.

Arrache-clou © JM Bergougniou
Le tire-clous est employé pour la dépose des ardoises dans les travaux en réparation. C’est une lame de fer mince recourbée à l’une de ses extrémités et munie de dents sur les côtés. Elle permet de passer sous la tête des clous et de les arracher sans détériorer les ardoises qu’ils ont servi à maintenir.

Les outils du couvreur-zingueur :

les couvreurs qui manipulaient le plomb se convertissent en zingueurs. De nouveaux outils apparaissent, comme la plieuse d’établi, sorte de presse qui sert à plier et façonner les feuilles de zinc. Installée directement sur le toit, la plieuse donne la possibilité de fabriquer sur-le-champ les pièces simples et les compléments.

Le procédé de pose du zinc est similaire à celui du plomb : les feuilles sont fixées sur des liteaux par des attaches, encastrées ou soudées à l’étain. À la fin de l’ouvrage, toute soudure voyante est éliminée avec une lime et un grattoir.

Lampes à souder © JM Bergougniou
La lampe à souder est un outil communément utilisé par le couvreur et le plombier. Elle se compose d’un bec brûleur réglable (mèche ou tuyau) relié à un petit réservoir métallique de combustible (pétrole, alcool ou gaz). Des poignées évitent à l’utilisateur de se brûler la main. Comme son nom l’indique, cette lampe sert à pratiquer la soudure.
Le chaume
 
Le chaume est la paille qui reste dans le champ après la moisson. 
Ce matériau disponible partout, ou presque, couvre la majorité des bâtiments à la campagne, jusqu’au 19e siècle. La tradition subsiste de nos jours dans certaines régions, comme la Normandie ou la Camargue. S’il est bien exécuté et régulièrement entretenu, un toit de chaume peut avoir une durée de vie d’au moins 50 ans.

La matière première est cueillie par le chaumier qui la peigne et la calibre pour la rassembler en paquets. On utilise parfois aussi des roseaux. Sur le toit, le couvreur pose les liteaux (ou “condorses”), baguettes horizontales sur lesquelles seront cousus les paquets avec un raphia très fort ou des fils métalliques. Deux personnes interviennent pour la pose : le couvreur, qui place les paquets, et le batteur, qui égalise le niveau en tapant sur la paille avec une batte ou une palette en bois. Pour être le plus étanche possible, le toit doit être très pentu : environ 45°. Avec une couche de 15 à 30 cm d’épaisseur, le toit de chaume garantit une très bonne isolation thermique et phonique.
Au sommet, le chaume peut être scellé dans du mortier. En Normandie, il est remplacé par une terre argileuse très compacte dans laquelle on plante des iris. Mais cette coutume n’est pas uniquement décorative : les rhizomes (racines) des fleurs tissent au fil du temps un réseau de fixation supplémentaire.

L’ardoise
 
L'atelier du couvreur © JM Bergougniou
L’ardoise est très employée à partir du 13e siècle, autant pour les maisons particulières de propriétaires aisés que pour les châteaux et les édifices publics. Cette pierre naturelle est extraite dans des carrières dans les Ardennes ou en Anjou. Les ardoises angevines, d’un bleu presque noir, sont réputées de très bonne qualité et totalement imperméables.




Asse ou assette de couvreur
marteau avec une tête et un tranchant
© JM Bergougniou
Le fendeur, dont les jambes sont protégées par de larges pantalons (des braies) en cuir, se charge de débiter les blocs d’ardoise en feuilles plus ou moins fines en fonction de la qualité de la pierre. L’épaisseur moyenne d’une feuille d’ardoise au 17e siècle est de 8 à 10 mm. Après avoir sélectionné et rassemblé les ardoises en plusieurs catégories, on procède au rondissage : les ardoises sont découpées selon des formes carrées, d’écailles, d’ogives…
 
La pose de l’ardoise

L'atelier du couvreur © JM Bergougniou
La couverture en ardoise, délicate à réaliser, reste coûteuse. Sur le chantier, les ardoises sont examinées une à une par le couvreur : il s’assure de leur qualité en frappant doucement sur chaque pièce. Si une ardoise “sonne” mal, c’est qu’elle présente un défaut : elle est alors mise de côté.

Les ardoises les plus épaisses sont posées en bas de la couverture et les plus fines vers le sommet. Déplacées vers le lieu de pose, elles sont mises en attente sur le liteau (pièce constituant le support de la couverture) ou coincées entre deux voliges.           
Par ailleurs, les voliges jouent un rôle important, puisque ces pièces de bois rectangulaires fixées sur la charpente servent de support à la couverture d’ardoise.

Cathédrale St-Samson Dol de Bretagne
© JM Bergougniou
Les ardoises anciennes en schiste de Pleugueneuc ont servi à couvrir la cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne percée d’un trou, à pureau visible et traces de mortier de scellement

Couvreur Cathédrale St-Samson Dol de Bretagne
© JM Bergougniou



La tuile
Hospices de Beaune © JM Bergougniou

La couverture de tuile est très ancienne ; dès la Grèce antique, son utilisation est fréquente. Les tuiles sont fabriquées de la même façon que les briques : elles sont moulées, mises à sécher à l’abri, puis cuites dans un four par fournées de 10 à 12 000 tuiles pour assurer l’imperméabilité de la future couverture.


Tuile plate accrochage  © JM Bergougniou
Jusqu’au 10e siècle, les tuiles, souvent irrégulières et se juxtaposant mal, sont scellées avec du mortier. Vers la fin du 11e siècle, on invente en Bourgogne les premières tuiles plates avec un rebord à crochet.
Les briques sont aussi un rempart contre le feu. Pour éviter le risque d’incendie, en ville, le remplacement des toitures de chaume par des toits de tuiles est imposé par les municipalités dès le 13e siècle.
 
Plusieurs formes de tuiles
Il existe plusieurs formes de tuiles :
la tuile plate, dont une des extrémités peut être arrondie, ce qui lui vaut selon les régions l’appellation de tuile en écaille ou en queue de castor ;
la tuile canal ou ronde : assez lourde, elle est beaucoup utilisée dans le Sud de laFrance ;
la tuile à crochet et à trou, qui garantit une bonne fixation ;
la tuile à emboîtement : inventée en 1841 par Xavier Gilardoni, c’est une tuile fabriquée selon des méthodes industrielles ;


Tuiles faitières © JM Bergougniou
la tuile faîtière, qui est posée sur le faîte, c’est-à-dire le sommet ; elle relie les deux pans du toit et sa forme est allongée et arrondie.


La pose des tuiles

Les tuiles sont fixées sur des crochets, grâce à des clous, ou posées (surtout au niveau du faîtage) sur du mortier frais. Les tuiles sont posées par un "couvreur de tuiles". Celui-ci sait aussi bien manier le marteau, pour clouer les tuiles, que la truelle : les tuiles du faîte du toit doivent être liées au mortier. D’ailleurs, certains couvreurs sont également maçons.


Tuile plate  © JM Bergougniou
Les tuiles faîtières sont fixées à l’arête du toit et sur le rebord des murs pignon avec du mortier. Les autres tuiles sont soit clouées sur les chevrons, soit posées par chevauchement partiel. Selon la pente du toit, on emploie des tuiles canal, posées dessus dessous, ou des tuiles à crochet et à trou, pour les clouer afin qu’elles ne glissent pas dans le cas d’un toit à pente forte. Si des tuiles s’envolent en cas de tempête, il est facile de les remplacer ponctuellement.

Une dimension esthétique
Les tuiles peuvent être décorées et colorées. Divers procédés sont mis en œuvre :
on cuit les tuiles à four fermé pour obtenir une nuance noire ;
on effectue un appel d’air pour obtenir une belle couleur rouge ;
on les glace avec du plomb ou on les émaille de noir, de jaune, de vert ou de bleu.
Les tuiles peuvent aussi passer entre les mains d’un potier qui dessine un motif avec un liquide à base de plomb dont l’utilisation est dangereuse et toxique. Puis les couvreurs disposent les tuiles sur les toits afin de composer des motifs géométriques abstraits ou figuratifs, comme c’est le cas aux Hospices de Beaunes en Bourgogne.
Dès le 13e siècle, les toitures des abbayes, hôpitaux, châteaux, voire des demeures aristocratiques urbaines prennent l’apparence de véritables tapis aux motifs de losanges ou de fleurs de lys. Les tuiles alternent parfois avec d’autres éléments décoratifs comme des mascarons, des acrotères ou des frises.

Sur la commune de Québriac 
il apparait dans les délibérations du conseil municipal entre 1838
et 1848 le droit accordé aux habitants d’y extraire « des terres pour la façon des tuilles »: « Le Conseil […] a aussi imposé une rétribution d’un Franc pour chaque fournée de tuile dont les matériaux tant pour la façon que pour la cuisson seraient pris sur les propriétés communales ».

la première mention de l’activité tuilière apparaît lors d’une délibération en date du ventôse an XV de la République (1806) :
« Le conseil municipal refuse à l’unanimité la cession d’une lande dite de Tanouarn, située à la Pivaudière, considérant qu’il existe une fabrique de tuiles et briques servant non seulement à la commune de Québriac, mais
encore à 40 communes circonvoisines, et estimant que la cession particulière de ce terrain entraînerait la fi n de cette fabrique et serait très préjudiciable aux indigents »
signé Julien Frété, Maire.
Un peu plus tard des délibérations du conseil
municipal de Québriac du 8 décembre 1839 et 7 juin 1840 portent sur un confl it lié à l’annexion illégale d’un des terrains communaux du village de Ringadan par un de ses habitants. Suite à l’apparition d’un conflit, le conseil municipal prend position et affirme le caractère commun de ce terrain prenant pour preuve la présence des débris d’un vieux four

En Québriac toujours à La Pivaudière se trouvait une ancienne carrière qui a été exploitée durant de nombreuses années.

La lauze



L'atelier du couvreur © JM Bergougniou
La "lauze" est la technique qui consiste à réaliser une couverture avec des tuiles de pierre de natures diverses. Elle est très présente dans les régions de montagne où le bois et le chaume se font rares.

Dans certaines régions, on parle de "laves", mais il ne s’agit pas de pierres volcaniques. Leur nature dépend des carrières présentes dans la région. Le calcaire et le grès sont très utilisés dans le Centre et l’Ouest de la France. On trouve plutôt du granite, du schiste ou du gneiss dans les régions de montagne et de l’Est de la France.

Schistes de Pleugueneuc © JM Bergougniou
Contrairement à l’ardoise qui peut être débitée en feuilles très fines, les lauzes sont plus épaisses, et donc plus lourdes, ce qui nécessite des charpentes particulièrement solides. Les toits en lauze durent longtemps, résistent bien au feu et aux intempéries, mais protègent mal du froid.

Sources 
BnF
Lena Gourmelen, L'ardoise en Bretagne : Une histoire, des hommes, des savoir-faire, 
L'écho québriacois