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23 juillet 2026

La guillotine à crin : un outil indispensable du brossier musée outil métiers Tinténiac

La guillotine à crin : un outil indispensable du brossier

Barnabé connait l'art de couper les cheveux en quatre,  enfin plus précisément le crin de cheval. 

Cet outil a servi au Brossier.


Parmi les nombreux métiers aujourd'hui disparus ou profondément transformés, celui de brossier occupait une place importante dans l'artisanat. Avant l'apparition des machines modernes, chaque étape de fabrication d'une brosse était réalisée à la main, avec des outils spécialement conçus pour préparer les matières premières. Cette guillotine à crin, également appelée coupe-crin, en est un bel exemple.



Au premier regard, cet outil peut surprendre. Sa lourde base en bois, son long levier métallique et sa lame en demi-lune lui donnent un aspect imposant. Pourtant, son fonctionnement est d'une grande simplicité. Les bottes de crin de cheval, de soies de porc ou de fibres végétales étaient placées dans le logement circulaire aménagé dans le billot. Le brossier abaissait ensuite le long levier, entraînant la lame dans son guide. En un seul mouvement, les fibres étaient coupées avec précision.



Cette opération était essentielle. Avant de pouvoir être montées dans une brosse ou un pinceau, les fibres devaient présenter une longueur parfaitement régulière. Une coupe imprécise aurait donné un outil de mauvaise qualité, moins efficace et s'usant plus rapidement. La guillotine à crin garantissait donc un travail soigné et reproductible.

Les matériaux employés variaient selon la destination de la brosse. Le crin de cheval était apprécié pour sa souplesse, les soies de porc pour leur résistance et leur élasticité, tandis que les fibres végétales – telles que le chiendent, le tampico ou le piassava – étaient réservées aux brosses plus robustes destinées au nettoyage.

La simplicité de conception de cet outil ne doit pas masquer son efficacité. Son lourd socle en bois absorbait les chocs, tandis que le long levier permettait d'exercer une force importante sans effort excessif. Fabriquée pour durer, cette guillotine pouvait rester en service pendant plusieurs générations d'artisans.



Cet exemplaire, probablement daté de la fin du XIXᵉ siècle ou du début du XXᵉ siècle, témoigne d'un savoir-faire artisanal aujourd'hui largement disparu. Il rappelle qu'avant la mécanisation des ateliers, la qualité d'une brosse dépendait autant du choix des matières premières que de la précision des gestes de l'ouvrier.



Au Musée de l'Outil et des Métiers, cette guillotine à crin illustre parfaitement l'ingéniosité des artisans d'autrefois. Derrière cet objet robuste se cache tout un métier, celui du brossier, dont les outils accompagnaient le quotidien des foyers, des ateliers et des manufactures. Préserver ces témoins du passé, c'est transmettre la mémoire des gestes qui ont façonné notre patrimoine artisanal.

18 juillet 2026

Barnabé visite l'atelier du cordier - le lin et le chanvre dans la région de Tinténiac

 Barnabé visite l'atelier du cordier - le lin et le chanvre dans la région de Tinténiac

Barnabé veille sur les outils, les machines et les objets que des générations d'artisans et de paysans ont utilisés avant nous.



Tu crois qu'un vieux marteau, une hache, une charrue ou un tonneau n'ont rien à raconter ? Détrompe-toi ! Chacun porte les traces du travail des hommes et des femmes qui ont construit nos villages, cultivé nos champs, fabriqué nos maisons et navigué sur les mers.

Au fil de la visite, tu découvriras des centaines d'objets authentiques. Certains ont plus de deux cents ans ! Observe-les bien : leurs formes, leurs usures, leurs marques... Elles racontent une histoire.

Mais écoutons Barnabé

« En me promenant près du lieu-dit Les Rotouers, je me suis demandé pourquoi cet endroit portait ce drôle de nom. En fouillant les archives, j'ai découvert qu'ici, il y a plusieurs siècles, on faisait rouir le lin et le chanvre. Les hommes cherchaient non pas à extraire les fibres, mais à dissoudre le ciment naturel qui les retenait prisonnières du bois de la tige. 

Cette technique était indispensable… mais elle transformait parfois les rivières en eaux sombres et malodorantes. 

Les poissons disparaissaient, les moulins étaient perturbés et les habitants se plaignaient. Les juges durent intervenir, et les procès se multiplièrent dans toute la Bretagne… »



« Arrêt de règlement du Parlement de Bretagne défendant à toutes personnes de mettre des lins et chanvres à rouir dans les rivières et étangs »

On y lit notamment :

« …il n'est que trop ordinaire de voir, dans toutes les rivières, des lins et des chanvres que les riverains y mettent à rouir, et qui, en corrompant l'eau, détruisent le poisson… »

Puis l'arrêt conclut :

« Défenses à toutes personnes de mettre des lins et chanvres à rouir dans les rivières et étangs, à peine de confiscation desdits lins et chanvres et de cinquante livres d'amende… »



La législation royale se saisit du problème du rouissage, dans un souci de salubrité publique et une volonté de dépasser le cadre limité et variable des droits coutumiers. La grande Ordonnance des Eaux et Forêts, élaborée à l’instigation de Colbert et promulguée par Louis XIV en août 1669, contient en effet un titre entier consacré à la « police et conservation des forêts, eaux et rivières ». 



Son article 42 dispose, sans ambages, qu’à l’avenir, « nul ne pourra jeter aucunes ordures ou immondices dans les fleuves et rivières navigables et flottables, ou les amasser sur les quais et rivages, à peine d’amende arbitraire