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16 avril 2026

La Bourbansais Couleurs de printemps 25 et 26 avril 2026 Musée de l'outil et des métiers Tinténiac

La Bourbansais Couleurs de printemps 25 et 26 avril 2026


Présence du Musée de l’Outil à « Couleurs de Printemps 2026 » au Château de la Bourbansais.




Le Musée de l’Outil sera présent lors de l’édition 2026 de la fête des plantes « Couleurs de Printemps », organisée les 25 et 26 avril 2026 dans le cadre prestigieux du Château de la Bourbansais. 

Cet événement printanier incontournable rassemble chaque année de nombreux exposants autour du monde du jardin, de l’artisanat et du patrimoine vivant.


À cette occasion, le Musée de l’Outil proposera au public une immersion dans l’univers des outils anciens et des savoir-faire traditionnels. À travers une sélection d’outils agricoles et artisanaux, les visiteurs pourront découvrir l’évolution des techniques utilisées autrefois pour cultiver la terre, entretenir les jardins et façonner les matériaux naturels. Cette présence permettra de parler du patrimoine technique et manuel qui est présenté au musée depuis 40 ans.



Au cœur d’un événement réunissant plus d’une centaine d’exposants — pépiniéristes, horticulteurs, artisans et passionnés — la participation du Musée de l’Outil s’inscrit naturellement dans une démarche de transmission et de valorisation des savoir-faire anciens. Elle offrira aux visiteurs, petits et grands, une dimension historique et pédagogique complémentaire aux nombreuses animations proposées durant ces deux journées dédiées au végétal et à la découverte.

Dans le cadre exceptionnel des jardins du Château de la Bourbansais, cette présence contribuera à enrichir l’expérience des visiteurs en établissant un lien entre patrimoine, nature et techniques traditionnelles. Le Musée de l’Outil participera ainsi pleinement à l’esprit de convivialité et de découverte qui caractérise la manifestation « Couleurs de Printemps ».

La bande de la Lune De Combourg au bagne en passant par le magasin à grains 1890 1891 Tinténiac

 De combourg au bagne en passant par le magasin à grains 1890-1891



COURRIER DE RENNES 14 août 1891


Vols de Combourg. 
La Bande de la Lune ou du Poulain Rouge. 



Au cours des années 1890 et 1891, un nombre considérable de vols furent commis dans l’arrondissement de Saint-Malo, notamment dans les cantons de Combourg, Dol, Tinténiac et Cancale, par une bande de malfaiteurs qui avaient réussi pendant longtemps, à force d’audace et d’habileté, à s'assurer l’impunité.


Un vol dont fut victime le sieur Valet, cultivateur à la Ville-Hamon, en Bonnemain, mit la gendarmerie de Combourg sur la trace des coupables, qui ne tardèrent pas à être connus et arrêtés. Dans la nuit du 19 au 20 mars 1890, on pénétrait dans le fournil du sieur Valet, situé à 45 mètres de son habitation, et ou y prenait neuf pains qui s'y trouvaient déposés. L'instruction a démontré que les auteurs de ce vol étaient les nommés Gallais, Robin, Mâchefer et Robert. Plusieurs de ces pains ont été retrouvés à Combourg chez la veuve Robert, qui vivait en concubinage avec Robin, et chez la femme Mâchefer ; ils avaient été transportés avec des sacs. 
Au moment où les susnommés effectuaient ce transport, un sac contenant deux pains et deux autres sacs vides avaient été abandonnés sur la voie ferrée par ces individus qui avaient pris la fuite en apercevant un employé du chemin de fer en tournée de surveillance. 


La porte du fournil Valet avait été ouverte avec une fausse-clef, et il existe dans un trousseau de fausses clefs appartenant à Robin, qui fut trouvé depuis dans le jardin de la veuve Robert, au cours d’une perquisition, deux clefs qui ouvrent la porte de ce fournil. Ce vol a d'ailleurs été reconnu par Robert. 


Un sieur Delamotte, négociant, possède un magasin de grains, isolé sur les bords du canal d‘Ille-et-Rance, à Tinténiac. Ce bâtiment, toujours fermé à clef, dans lequel se trouve étendu sur le plancher un tas considérable de froment, a été visité pendant la nuit, a maintes reprises depuis le commencement de l’année, par les accusés, qui apportaient des sacs vides qu’ils remplissaient de grain. 


Le premier vol connu remonte à la fin du mois de janvier 1891. Robin, Gautier et Robert y ont pris part. De l’aveu de Robert, 6 sacs de blé furent enlevés au cours du mois de février 1890. Robin et Gallais, avec des complices restés inconnus, pénétraient la nuit chez le sieur Delamotte, dans le même magasin, et allaient vendre le lendemain matin à la première heure, au garçon même de Delamotte, le grain qu'ils venaient de soustraire au préjudice de ce négociant. 


Enfin, dans la nuit du 30 au 31 mars, Robin, Gallais, Mâchefer et Robert dévalisaient encore les magasins Delamotte. On a trouvé dans un trousseau appartenant à Gallais deux clefs qui ouvrent les deux portes extérieures de ce magasin, ainsi que celle d'un bureau de l’intérieur de cette construction. 
Ces malfaiteurs s’empressaient de vendre aux marchands de Tinténiac les grains dérobés par eux.

Plusieurs témoins ont affirmé que Robin leur avait vendu du froment, et il a été établi que la veuve Dumesnil a versé à elle seule, à partir de février 1891, la somme de 646 fr. entre les mains de Robin, en paiement des livraisons de grains qui lui furent faites successivement par cet individu. 

2,936 kilogrammes de blé ont été frauduleusement soustraits, la nuit, à diverses reprises, au préjudice du sieur Horvais, négociant a Dol, dans son magasin où le blé se trouvait en tas. Ces vols ont été commis par Gallais, Mâchefer, Robert, Robin, Rondin et la femme Gallais. Après chaque vol, ils déposaient les sacs de blé auprès des magasins appartenant au sieur Bougault, auquel ils vendaient le blé dans la matinée suivante. 

Il a été établi que la femme Gallais, Robin, Rondin et Robert ont aussi plusieurs fois émulé le froment provenant du magasin Horvais. Il a été en outre constaté qu'il est aisé d’ouvrir avec une clef faisant partie du trousseau de Gallais la porte du magasin Horvais. Le grain, dont il était impossible de se défaire immédiatement, était transporté dans le cellier des époux Mâchefer, à Combourg. Ils se servaient, pour effectuer ce transport, du cheval et de la voiture du sieur Gallais, boulanger à Meillac. 

On a acquis la certitude que Mâchefer et sa femme ont, dans ce laps de temps, inférieur à trois mois, vendu 3,378 kil de froment, alors qu’il est constant qu’ils n’en cultivaient pas. Ils savaient que leur réputation était connue de tous ; ils avaient, la plupart du temps, la précaution de faire vendre le grain qu’ils recélaient par les époux Gallais, de Meillac. 

Le cercle des opérations criminelles de cette bande, généralement connue dans le pays sous le nom de Bande noire ou Bande de la lune, n’était pas limité aux vols de pain et de froment. Ils dévalisaient également les magasins des marchands de vins et spiritueux et les celliers des propriétaires. 


Un sieur Cavert, en effet, débitant à Combourg, constata plusieurs fois en 1890, spécialement en avril, juillet et octobre, qu’il lui avait été soustrait, la nuit, de l’eau-de-vie, des liqueurs et des bouteilles de vin dans la cave de sa maison dont la porte, munie d’une serrure placée extérieurement, est toujours fermée à clef. Ce débitant aperçut au mois d’octobre dernier, à une date dont il n’a pas gardé le souvenir précis, une femme faisant, la nuit le guet dans la rue, et vit au même instant un homme qu’il ne put distinguer sortir de sa cave. Cet individu était manifestement Gallais, et la femme ne pouvait être que la femme Gallais ou la femme Mâchefer, qui est la sœur dudit Gallais. Le jeune Pierre Mâchefer a fait connaître que Gautier, son oncle, Gallais et sa mère, la femme Mâchefer, tous les trois chaussés de chaussons, avaient transporté une nuit, dans le débit tenu par ses parents à Combourg, un petit baril d’eau-de-vie qui fut aussitôt versé dans un tonneau de ce débit, ainsi que plusieurs bouteilles de liquide qui furent placées sur l’étagère du cabaret. Les déclarations de cet enfant ont été confirmées par celles d'un voisin, le sieur Le Bihan, qui a affirmé avoir vu une nuit, en juillet 1890, à une époque coïncidant avec un des vols commis au préjudice de Cavert, les allées et venues de Gallais et de la femme Mâchefer, n’ayant aux pieds l’un et l’autre que des chaussons, transportant au débit de cette dernière, l’un dans un sac, l'autre dans un seau, des objets qu’il ne pouvait apercevoir, mais dont la provenance ne pouvait être que frauduleuse Tous les liquides volés chez Cavert out été mis en sûreté chez Mâchefer, qui les a recélés. Une clé du trousseau de Gallais ouvre et referme la porte de la cave Cavert. Un second vol a eu lieu au préjudice du sieur Sehet, a qui Gallais a pris au commencement de 1891, à la fin de janvier, une barrique et demie de cidre dans un bâtiment situé à Combourg, sur la route de Dol, se composant d’un cellier et d’une étable sépares par une cloison et communiquant par une porte intérieure. 

Dans le trousseau de Gallais se trouve une clef ouvrant parfaitement celte serrure, et une seconde clef ébréchée dont la partie manquante a été retrouvée dans la serrure de Leker. Gallais et Rondin ont été, il y a quelques années, au service du sieur Grivault, propriétaire au village d’Avignon, en Combourg. De son côté, le jeune Robert a habité à une certaine époque non loin de la maison Grivault. Ils ont songé, les uns et les autres, à tirer parti de la connaissance qu’ils avaient des lieux, et ils sont entrés la nuit, à diverses reprises, au moyen de fausses-clefs, dans une maison de décharge de Grivault, à 25 mètres environ de l’habitation de ce dernier. 

En novembre 1890, Robin, Robert et Gallais y prenaient 25 livres de sarrasin qui furent transportées au domicile de la veuve Robert, de l’aveu de cette dernière. En juillet 1890 et mars 1891, Gallais, Robin, Rondin et Robert s’emparaient dans ce même local de 4,250 kilogr de blé et d’une certaine quantité de lard au préjudice de Grivault, ainsi que d’une somme de 50 fr. appartenant à une domestique, la femme Fougeray. En décembre 1890, un vol de 50 kilogr de farine eut lieu à Terre-Étrangère, en Combourg, dans le fournil des époux Charbonnel. La veuve Robert a reconnu qu’elle avait recélé cette farine, qui avait été frauduleusement soustraite par Robin et son fils. La porte de ce local était fermée à clef. La femme Robert a avoué que dans le courant de l’hiver 1890 et 1891, Robin et son fils avaient frauduleusement soustrait pendant la nuit une certaine quantité de pommes de terre au préjudice du sieur Portier, meunier à Combourg Robert reconnaît le fait. Robin nie y avoir participé, bien que ce vol ait été accompli à l’aide d'une des fausses clefs de son trousseau. 

Le 28 juin dernier, le sieur Livoreille, se présentant à la gendarmerie de Combourg faisait connaître plusieurs vols commis par les prévenus dans le canton de Cancale. Ces révélations ont été reconnues en grande partie exactes. En effet, dans la nuit du 27 au 28 octobre, on pénétrait la nuit dans un hangar appartenant au sieur Duval, à Saint-Méloir-des-Ondes, à l’aide d’une fausse-clef retrouvée parmi celles qui ont été saisies, et une certaine quantité de tabac était volée par Rondin, Robin, Gallais et Gautier. Ces malfaiteurs, peu de jours après en novembre dernier, revinrent chez Duval, mais ils ne purent mettre à exécution leurs projets criminels. Un domestique, qui couchait cette nuit-là dans ce bâtiment, se réveilla avant qu'ils fussent entrés et les fit fuir. Dans la nuit du 14 novembre 1890, il fut pris par Ronsin Robin et Gallais 4 schabraques 4/2 de tabac, dans un cellier contigu à l’habitation du sieur Girault, à Saint-Coulomb, et appartenant à ce dernier. La clé n° 44 ouvre et ferme aisément la porte de ce bâtiment. Enfin, Rondin avec des complices inconnus s’emparait, en mars 1888 et en février 1889, toujours pendant la nuit, d’une certaine quantité de blé au préjudice du sieur Blanchard, demeurant alors à Combourg. Ce blé se trouvait dans un grenier au-dessus d’un cellier dont la porte fermait à clé. 
Telle est la série des vols relevés à la charge des accusés ; ils en ont certainement commis bien d’autres restés inconnus. Ces malfaiteurs tiraient de beaux bénéfices du produit de leurs vols. 


On leur a vu souvent des pièces d’or et des billets de banque entre les mains, qu’ils dépensaient la plupart du temps en libations dans les cabarets. 

Ils avaient à leur disposition un nombre considérable de fausses-clés de toutes dimensions et, au besoin, se donnaient rendez-vous par dépêche télégraphique. La femme Gallais et la veuve Robert ont déjà subi des condamnations pour vol ; Robin, Gautier et Rondin ont des antécédents déplorables ; les époux Mâchefer out une réputation des plus mauvaises ; Robert fils a été entraîné au vol par Robin et sa mère, il n’est âgé que de dix-huit ans et n'a pas d'antécédents judiciaires. 
En conséquence, comparaissent : Gallais ou le Poulain Rouge, défenseur Me Desbois. Femme Gallais, défenseur Me Desbois. Robin, défenseur Me d’Haucourt. Gautier, défenseur Me d‘Haucourt. Mâchefer, défenseur Me Picard. Rondin, défenseur M. Collin. Robert, défenseur Me Brenugat. Femme Robert, défenseur Me Pierron. Femme Mâchefer, défenseur Me Collin. Quarante-huit témoins étaient appelés. A l'audience de vendredi, on a entendu les vingt-cinq premiers apportant des charges écrasantes contre tous les accusés. 

Audience de samedi. 

Toute la matinée de samedi et une partie de l'après-midi ont été consacrées à l'audition des derniers témoins. 

RÉQUISITOIRE 

Le réquisitoire a commencé à quatre heures. M. le substitut Martin, dont les débuts à cette session ont été fort remarqués, s’est montré cette fois encore fort éloquent. Il a formulé des conclusions fort sévères pour tous les accusés. Un seul est digne de la pitié, le jeune Robert, 18 ans, qui a été entrainé au vol par sa mère. Le jury lui accordera les circonstances atténuantes et la Cour lui fera l’application de la loi Béranger. Plaidoiries. 
Les plaidoiries ont commencé à cinq heures et demie. Out successivement pris la parole : Me Desbois pour Gallais ; Me Picard pour Mâchefer ; Me d’Haucourt, pour Robin, et Me Collin pour la femme Mâchefer. A six heures, l’audience a été suspendue pour être reprise à huit heures et demie. 

Audience de nuit. 

Réouverture des débats à huit heures et demie. On a entendu Me Pierron pour la femme Robert, Me D’Haucourt pour Gautier, Me Collin pour la femme Gallais, et Me Brenugat pour le jeune Robert. Le jury est entré à dix heures et demie dans la salle des délibérations. 


A minuit un quart, MM.  Les jurés ont apporté leur verdict. Les nommés Robert, Mâchefer et sa femme avaient seuls le bénéfice des circonstances atténuantes. Il y avait tellement de questions que la lecture en a duré plus d’une demi-heure. II était une heure un quart quand la Cour, après en avoir délibéré en chambre du Conseil, a prononcé les condamnations suivantes : 
  • Gallais, huit ans de travaux forcés et la relégation. 
  • Robin, huit ans de travaux forcés et la relégation. Femme Robert, sept ans de travaux forcés et déchéance des droits de puissance maternelle. 
  • Gautier, six ans de travaux forcés et la relégation. Rondin, cinq ans de travaux forcés. 
  • Femme Gallais, cinq ans de travaux forcés. 
  • Femme Mâchefer, quatre ans de prison. Mâchefer, deux ans de prison. 
  • Robert, deux ans de prison.
 
Le bénéfice de la loi Béranger a été prononcé en faveur du jeune Robert, qui sera mis en liberté sitôt le terme expiré du délai de pourvoi en Cassation, c’est-à-dire trois jours francs. 


Au sujet du bagne 

« À partir de 1854, les bagnards, dits « transportés », sont astreints à des travaux forcés et parqués dans différents camps, à Cayenne mais aussi à Saint-Laurent-du Maroni, Sinnamary ou encore aux îles du Salut. En 1867, du fait d'une trop grande mortalité parmi les Européens, le bagne est réservé aux condamnés des colonies. 
Les condamnés de la métropole sont alors dirigés vers le bagne de Nouvelle-Calédonie, ouvert en 1864, dix ans après Cayenne. Il va accueillir 22 000 « transportés » jusqu'à sa suppression en 1887, en raison de conditions de détention jugées trop... douces.  En 1887, les condamnés européens retrouvent donc le chemin de Cayenne.


La loi de relégation du 27 mai 1885 astreint à résidence en Guyane les condamnés récidivistes et certains petits délinquants. Le bagne sort de l'anonymat avec l'arrivée du capitaine Alfred Dreyfus en 1895 sur l'île du Salut. 
Un peu plus tard, dans les années 1920, le journaliste Albert Londres va dénoncer les conditions d'incarcération. « Ici, morts vivants, dans des cercueils - je veux dire des cellules -, des hommes expient, solitairement », écrit-il devant des cachots de quatre mètres carrés.