Barnabé visite l'atelier du cordier - le lin et le chanvre dans la région de Tinténiac
Barnabé veille sur les outils, les machines et les objets que des générations d'artisans et de paysans ont utilisés avant nous.
Tu crois qu'un vieux marteau, une hache, une charrue ou un tonneau n'ont rien à raconter ? Détrompe-toi ! Chacun porte les traces du travail des hommes et des femmes qui ont construit nos villages, cultivé nos champs, fabriqué nos maisons et navigué sur les mers.
Au fil de la visite, tu découvriras des centaines d'objets authentiques. Certains ont plus de deux cents ans ! Observe-les bien : leurs formes, leurs usures, leurs marques... Elles racontent une histoire.
Mais écoutons Barnabé
« En me promenant près du lieu-dit Les Rotouers, je me suis demandé pourquoi cet endroit portait ce drôle de nom. En fouillant les archives, j'ai découvert qu'ici, il y a plusieurs siècles, on faisait rouir le lin et le chanvre. Les hommes cherchaient non pas à extraire les fibres, mais à dissoudre le ciment naturel qui les retenait prisonnières du bois de la tige.
Cette technique était indispensable… mais elle transformait parfois les rivières en eaux sombres et malodorantes.
Les poissons disparaissaient, les moulins étaient perturbés et les habitants se plaignaient. Les juges durent intervenir, et les procès se multiplièrent dans toute la Bretagne… »
On y lit notamment :
« …il n'est que trop ordinaire de voir, dans toutes les rivières, des lins et des chanvres que les riverains y mettent à rouir, et qui, en corrompant l'eau, détruisent le poisson… »
Puis l'arrêt conclut :
« Défenses à toutes personnes de mettre des lins et chanvres à rouir dans les rivières et étangs, à peine de confiscation desdits lins et chanvres et de cinquante livres d'amende… »
La législation royale se saisit du problème du rouissage, dans un souci de salubrité publique et une volonté de dépasser le cadre limité et variable des droits coutumiers. La grande Ordonnance des Eaux et Forêts, élaborée à l’instigation de Colbert et promulguée par Louis XIV en août 1669, contient en effet un titre entier consacré à la « police et conservation des forêts, eaux et rivières ».
Son article 42 dispose, sans ambages, qu’à l’avenir, « nul ne pourra jeter aucunes ordures ou immondices dans les fleuves et rivières navigables et flottables, ou les amasser sur les quais et rivages, à peine d’amende arbitraire






